


1-
Les grands principes justifiant
la redistribution équitable
des ressources en démocratie
Exiger
la redistribution équitable
des ressources collectives
est un droit pour le citoyen
tout comme l'obligation de
saine gestion de celles-ci
est un devoir pour le politique.
Ce
droit naturel inaliénable
s’appui sur des faits
généraux, des
principes et des normes sociétales
qu’il convient de relever.
Ces
principes sont sensés
être connus et partagés
par tous ceux qui vivent sur
l’espace d’un
pays donné.
Un
contrat social, parfois explicite
ou implicite, impose le respect
de ces principes à
tous les gouvernants ainsi
qu’à tous les
gouvernés.
Le
non-respect de ces principes
ou normes sociales, est la
cause de conflits légitimes
qui doivent être déclenchés
par les administrés,
pour exiger le respect de
la norme en matière
de redistribution des ressources
communes, car nul n’a
le droit de garder pour soi
ce qui appartient à
tous.
De
la même manière,
nul n’a le droit d’exclure
des individus de la gestion
du bien commun sur la base
de critères arbitraires
ou de critères autres
que, l’honnêteté,
le mérite et la compétence.
Le
conflit, l’insurrection
ou la crise politique pris
dans ce sens ne sont pas des
mauvaises choses, car ils
visent la redéfinition
de règles de vie en
communauté, lorsque
celles-ci sont violées
par une des parties qui abuse
de sa position.
L’insurrection
peut donc être vue comme
un mécanisme de régulation
social.
Quand
des individus dans une société
sont abusés dans leurs
droits de citoyens, c’est
un droit et un devoir pour
eux de s’insurger pour
le rétablissement de
ces droits.
Car,
souvent de l’équilibre
de la terreur naît le
droit.
Le
citoyen ou sujet politique
doit pour s’insurger,
appuyer sa revendication sur
des faits justes et légitimes.
Il
doit se baser sur des violations
de la norme c'est-à-dire,
la rupture du contrat social
et non sur des ressentiments
d’ordre affectif et
émotionnel.
Quels
sont donc les principes et
faits sur lesquels s’appuie
le contrat social dont la
rupture est la cause de l’insurrection
populaire légitime?
Avant
de répondre à
cette question, il convient
d’apporter des éclaircissements
sur l’esprit et le principe
même qui fondent le
contrat social.
Le
combat pour la redistribution
des ressources s’appui
sur le principe selon lequel,
« ce qui appartient
à tout le monde, doit
profiter à tout le
monde ».
Ceci
est un postulat de base et
un principe qui doit guider
la gestion de la chose publique.
Le non-respect de ce postulat
est une source de frustrations
qui peut être à
la base de soulèvements
sociaux.
Cette
précision étant
faite, nous pouvons aborder
les principes et faits au
cœur de l’esprit
du contrat social en rapport
avec la vie des cités
et la vie dans les cités.
Le
premier fait ou principe général
que l’on peut évoquer
est celui selon lequel l’on
ne choisi pas son lieu et
son époque de naissance.
À
ce niveau, tout le monde peut
faire l'observation qui est
une évidence selon
laquelle l’on ne demande
nullement l'avis de personne
avant de le concevoir.
L'individu
n'a pas la possibilité
de choisir ni ses géniteurs,
ni le temps, encore moins
le lieu de sa naissance.
On
voit donc que sans son accord
préalable, chaque homme
est rattaché à
une famille, à une
tribu ou ethnie, à
une langue, à un peuple
ou à un pays.
S'il
est vrai que l'individu peut
à posteriori, faire
la démarche de changement
de nationalité pour
en acquérir une autre,
différente de celle
de son pays de naissance,
il n'en demeure pas moins
que l'on reste rattaché
par des facteurs antérieurs
à notre naissance à
une communauté humaine
vivant sur un espace géographique.
Être
né quelque part est
donc un fait de hasard comme
le dit si bien une chanson
populaire française.
Ceci
est une réalité
de la vie : nul ne choisi
son pays de naissance.
A
moins de faire le choix de
l'exil, les humains sont contraints
de vivre avec d'autres individus
dont la présence leur
est imposée par la
dimension d'animal social
de l'être humain.
De
ce fait, il découle
que les rois tout comme les
sujets n’ont pas choisi
de naître où
ils sont nés. Aussi,
aucun d’entre eux ne
devrait normalement, avoir
plus de droit que son compatriote,
par le simple fait de sa naissance
dans une famille donnée.
Les
gens qui naissent sur la même
terre doivent avoir les mêmes
droits.
Sur
la base de quel argument rationnellement
viable, pourrait-on donner
plus de droit à un
individu au détriment
d'un autre qui tout comme
lui, n'a pas choisi de naître
sur un espace géographique
donné, lorsque tous
les deux contribuent au même
titre en tant que citoyens,
en payant leurs impôts
et taxes directes ou indirectes?
On
sait par expérience
d'ailleurs que dans un pays,
ceux qui ont tendance à
se donner plus de droits,
sont ceux qui sont enclins
à ne pas contribuer
et à s'auto-exonérer
de contribution sociale.
Le second fait ou principe
général que
j'évoque est celui
selon lequel l'être
humain naît dans la
nature, dans un espace géographique
donné.
Cet
espace géographique
borné par des frontières,
est préexistant à
sa naissance.
Ce
lieu, en fonction de l'échelle
que l'on considère,
est soit son domicile, soit
son village, sa ville, sa
région, son état,
son pays ou même son
continent.
Contrairement
à l'adage populaire
qui prétend que l'on
a toujours le choix, l'antériorité
existentielle de la nature
(l'espace ou lieu de naissance),
est un facteur limitant le
choix de l’humain.
Ne
serait-ce qu’au niveau
alimentaire : celui qui naît
en forêt n’a pas
les mêmes possibilités
de choix alimentaires que
celui qui naît dans
le désert.
Ceci
pour dire que lorsque les
êtres naissent dans
un pays, ils trouvent déjà
sur place les ressources naturelles
de l’espace sur lequel
ils sont appelés à
vivre : le pétrole,
l'or, l'uranium, le gaz, les
ondes hertziennes, le vent,
les mers, les fleuves et rivières,
les forêts, l'atmosphère
et l'air, les savanes, les
déserts, les plaines,
les montagnes, etc. Toutes
ces ressources dont l'existence
est antérieure à
la naissance du « sujet
politique » qui voit
le jour, sont des dons de
la nature qui pourvoit différemment
les espaces géographiques
délimités que
l'on appelle pays, royaume,
principauté etc. (selon
la nature du régime
qui y règne).
Il
convient de noter que ces
délimitations sont
le plus souvent le fait des
humains qui par les guerres,
les conquêtes, la colonisation,
les accords et traités
etc., confinent, des communautés
humaines dans ces ensembles
aux dénominations diverses.
L'ensemble de ces ressources
dont la nature est le seul
propriétaire véritable,
est un don qu'elle fait, pour
pouvoir aux besoins de la
communauté humaine
qui vit dans un espace où
les habitants sont liés
par une communauté
de destin.
De
ce fait ou de cette réalité,
il découle que nul
n’a le droit de garder
pour lui seul, des biens que
la nature a offert pour pouvoir
les besoins de tout le monde.
Ces biens sont des biens communs
qui doivent être partagés
de façon équitable
à toute la communauté
humaine qui vit sur un espace
donné.
Pour
ce faire, la communauté
choisie des gestionnaires
du bien commun. Ce sont les
institutions et hommes politiques,
auxquels il sera donné
le pouvoir de gérer
la chose collective dans l'intérêt
de la communauté. Elle
désignera (dans les
systèmes démocratique),
parmi ses fils et ses filles
qui se proposent, ceux qui
ont le meilleur profil tant
au plan de la probité
morale que des capacités
intellectuelles et physiques,
pour conduire la destiné
de la collectivité.
Ces fils et ses filles qui
sont les politiciens, c'est-à-dire
ceux qui s'intéressent
à la gestion de la
cité, sont donc avant
toute chose, des individus
émanant de la nation
qui se proposent de gérer
la chose commune, en faisant
le serment préalable
de servir le peuple et non
celui de se servir de lui.
Ces
politiciens sont certes rétribués
pour leur travail au service
de la communauté, mais
il faut remarquer que c’est
avant tout un travail sacerdotal,
une preuve d'abnégation,
que de vouloir renoncer à
soi, pour servir les autres.
L'homme politique n'est donc
pas quelqu'un qui s'enrichit
par sa posture de serviteur
du peuple, mais quelqu'un
qui tire satisfaction dans
le bonheur et le bien être
qu'il procure à la
majorité. Il se donne
pour mission, à l'intérieur
d'un parti ou seul, en toute
indépendance, de générer
le développement, au
profit de la collectivité
et de faire de son pays, un
espace de bonheur en comparaison
des autres nations.
Il
n'est donc pas, en principe,
un individu qui vient s'enrichir
par sa mission, car la politique
n'est pas une activité
marchande.
Celui
qui veut s’enrichir
ne le fait pas par le biais
de la politique, il s’adonne
au commerce, est industriel
ou monnaye son talent contre
des espèces sonnantes.
Ceci
ne veut pas dire qu'il est
interdit à un homme
politique d'être riche
ou d'aimer la richesse, mais
il ne doit pas s'enrichir
en dépossédant
injustement certains de ses
concitoyens, en volant du
denier public ou en se bâtissant
une fortune souillée
par le sang d'autrui.
En
homme vertueux, comme le dit
Sénèque17, il
doit être capable d'ouvrir
sa maison, au peuple et demander
à chaque citoyen de
prendre à l'intérieur
ce qui lui appartient.
Le
juge doit pouvoir entrer chez
lui à tout moment et
constater que tout ce qui
s'y trouve a été
acquis honnêtement.
Tout
homme politique convaincu
du vol de denier public doit
être condamné
comme un criminel car, le
péculat est une injure
grave à la collectivité
et un acte indigne d'être
toléré ni d'être
amnistié.
C’est
pourquoi dans une démocratie
qui se respecte un homme politique
convaincu de péculat
ne peut solliciter à
nouveau ni obtenir le suffrage
populaire.
Il
faut noter que l’homme
politique, se veut avant tout
quelqu’un qui a un projet
pour son peuple et non un
individu dont le projet est
de piller son peuple.
L'homme
politique traduit en actes
des projets de développement
et de bien être sociaux,
contenus dans un programme
qu'il présente au peuple,
comme argument pour solliciter
son choix.
Le
projet social étant
le critérium d’évaluation
des hommes politiques qui
font librement le choix de
servir leur nation, celui
qui a le meilleur projet de
société, est
logiquement choisi par le
peuple, comme étant
celui devant conduire sa destiné.
Dans
le même temps qu'il
donne sa confiance à
un individu ou une structure
politique, le peuple se donne
le droit de la lui retirer
en cas de mauvaise gestion
de la chose publique.
Le
peuple donne donc une partie
de sa souveraineté,
à certains de ses fils
qui se proposent, pour conduire
sa destiné et gérer
au mieux le bien collectif.
Ce
choix en démocratie
se fait par le biais des élections.
Les
élections se font à
des dates régulières
plus ou moins courtes, pour
donner au peuple, la possibilité
de sanctionner la réalisation
ou non du projet de société
du politicien auquel il a
confié provisoirement
sa souveraineté.
Certains
peuples, craignant la corruption
des individus par le pouvoir,
décident même
de mettre en place des contre-pouvoirs
forts qui sont des mécanismes
de contrôle. D'autres
choisissent de refuser de
concentrer le pouvoir entre
les mains d'un individu et
le confient à un collège
de représentant que
sont les parlementaires.
D'autre
encore, en même temps
qu'ils élisent les
gouverneurs élisent
des contrôleurs généraux,
auxquels sont octroyés
des mandats populaires, pour
contrôler la gestion
à tout moment, durant
le mandat du gouverneur.
Toutes
ces variantes de la démocratie,
ne visent qu'une chose : faire
en sorte que des individus
ne se servent pas du pouvoir
pour se servir, et asservir
le peuple.
L’objectif
étant de faire en sorte
que les ressources collectives
soient gérées
de façon transparente,
juste et équitable,
car ces ressources appartiennent
à tout le monde et
il n’y a pas de raison
qui puisse justifier le fait
qu’une minorité
s’en arroge le droit
de propriété
et de jouissance.
Ce que je viens de décrire
est ce qui devrait se faire
dans les sociétés
qui se veulent démocratiques.
[Ce n'est pas le cas en dictature
ou pour les régimes
dans lesquels un individu
s'impose à ses semblables
en leur faisant croire qu'il
tient son pouvoir de Dieu
et que contester son pouvoir,
se serait contesté
le choix divin].
Ce
contrat tacite qui dans certaine
démocratie est explicite,
est la norme et la base du
pacte qui est sensé
lier gouvernants et gouvernés
: c’est la référence,
dans tous les systèmes
qui se veulent démocratiques,
quoique les modalités
d'application soient différentes
d'une démocratie à
l'autre.
Ce sont les déviations
par rapport à cette
norme qui entraînent
les frustrations populaires,
et génèrent
la dynamique conflictuelle
qui est celle du changement,
dont le but doit être
le retour à la norme,
le retour au pacte social.
Les
mouvements populaires, sont
donc des actions tendant à
rétablir la norme quoique
ces mouvements puissent être
récupérés
par des leaders opportunistes
aux calendriers cachés.
C’est
pourquoi l’on ne doit
pas être surpris que,
face aux multiples déviations
qui minent les politiques
de beaucoup de pays sur le
continent Africains, l'on
assiste à une dynamique
nouvelle qui vise à
instaurer un renouveau démocratique.
La
voie pour y parvenir peut
être soit pacifique
ou violente -cela est une
question de choix de méthode
et le débat reste ouvert
sur cette question- mais l'important
reste le fait que c'est à
la fois un devoir un droit
pour le citoyen de pouvoir
s'opposer légitimement
et de refuser l'immobilisme,
face à la gabegie et
à l'exploitation du
peuple.
C'est
ce devoir d'opposition qui
pousse les intellectuels africains,
au fait de leur rôle
de contribuable, à
insuffler le vent de changement
qui souffle sur le continent
noir. Ils refusent d'accepter
que les biens collectifs de
leur continent, soient laissés
à la jouissance solitaire
et égocentrique d’une
minorité imposée
par des réseaux mafieux
Ce
vent porte en lui l’espoir
d’une véritable
alternative. Il tire son énergie,
des frustrations, des dépossessions,
et du non-respect du contrat
social et des principes évoqués
ci-dessus, par certains leaders
politiques africains.
Cette
dynamique est d'autant plus
forte en Afrique que, ce continent
compte parmi ceux qui sont
les plus frappés par
le fléau de la gestion
pathologique de la chose publique.
Continent
de paradoxe révoltant,
c'est un des rares continents
sur lesquels des individus
deviennent milliardaires par
la politique.
Le
continent où, dans
des prétendues démocraties,
les politiciens, au lieu de
servir le peuple se servent
de lui.
C’est
le continent où les
politiciens, au lieu de jouer
leur rôle de "ré-distributeurs"
des ressources collectives
au peuple, se distribuent
les ressources entre eux,
au détriment du peuple.
C’est
contre cette pathologie politique,
que s'élèvent
le CPR et la génération
nouvelle dont le combat reste
avant tout, un combat pour
la bonne gestion de la chose
publique, afin que cette gestion
puisse générer
le bonheur pour les générations
actuelles et futures, de notre
pays.
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