Le
CPR a appris la mise en
examen et l’incarcération
de certains dirigeants ivoiriens
des filières du café
et du cacao.
Le CPR se réjouit
de ce début de moralisation
qui est perçu comme
un signal fort à
l’endroit de tous
les détourneurs de
deniers publics et autres
auteurs de crimes économiques.
Cette action de la justice
va dans le sens de la politique
du CPR qui a toujours décrié
la corruption et se bat
pour la justice et la redistribution
équitable des ressources
et richesses collectives.
Le CPR, félicite
cette opération de
justice, en réparation
du pillage que subissent
les travailleurs agricoles.
Le CPR fait remarquer qu'il
est scandaleux que les paysans
ivoiriens n’aient
pas le droit à la
retraite paysanne ni aux
soins, encore moins à
l’école gratuite
pour leurs enfants alors
que ceux qui profitent de
la filière vivent
dans un luxe insolent et
s’octroient des retraites
et allocations à
vie.
Le CPR a toujours décrié
et taxé de criminels
ces prédateurs et
vautours qui dépouillent
nos valeureux paysans, producteurs
de richesses pour la nation.
Ces paysans produisent d'énormes
richesses au prix du difficile
travail manuel et vivent
pourtant dans la misère
la plus abjecte.
Cette action judiciaire
était plus que nécessaire;
c'est pourquoi le CPR voudrait
en toute responsabilité
et objectivité, encourager
la présidence de
la république et
le gouvernement qui a ordonné
cette bonne action. Le hic
reste cependant le fait
que la justice, qui en avait
la possibilité, ne
se soit pas autosaisie et
ait attendu un mot d'ordre
présidentiel pour
s'exécuter. Cela
repose l'épineuse
question de l'indépendance
de la justice.
Nous craignons donc que
cette action ne soit un
coup d'éclat à
des fins électoralistes
ou une action de charme
à l'endroit des couches
populaires.
Le président de la
république doit démontrer
au peuple que ceci n'est
pas une opération
de communication, en laissant
la justice faire son travail
librement sans aucune entrave
ni aucune forme de pression.
Que ceux qui seront reconnus
coupables, soient condamnés
sévèrement
et que les innocents soient
blanchis.
Il doit laisser la justice
frapper tout azimut pour
démontrer au peuple
qu'il ne cautionne pas les
actions individuelles de
délinquance économique
de ses collaborateurs. Ceux-ci
ne doivent pas pouvoir se
soustraire des griffes de
la justice du fait de leur
posture sociale.
Le satisfécit réel
du CPR est conditionné
à la liberté
qu'auront les juges pour
éclairer ce dossier.
Il faut cependant avoir
l'honnêteté
politique de reconnaître
cette première qui
représente une avancée
vers la voie de la moralisation
de la gestion du bien public.
En effet, si l’on
ajoute cette action à
celle menée contre
le racket des forces de
l’ordre, le CPR voit
un début d’actions
allant dans le sens de la
transparence dans la gestion
des affaires de l’état.
Le CPR, parti d’opposition
qui n’est pas confiné
dans la critique négative
systématique, a le
devoir d'encourager les
bonnes actions gouvernementales
et celui de décrier
les mauvaises.
C’est pourquoi, tout
en félicitant le
gouvernement pour cette
action surprenante mais
agréable, le CPR
souhaite que la justice
puisse continuer son travail
en ne se limitant pas au
seul secteur du café/cacao.
La justice doit aller au-delà
des seconds couteaux et
boucs émissaires.
Aucun de ces bandits et
criminels à cols
blancs, qui vivent de la
sueur et du sang de nos
parents paysans, ne doit
être épargné,
s’il est convaincu
d’acte de délinquance
financière ou de
crime économique.
La justice devra s’attaquer
à tous les cas d’abus
de biens sociaux, les détournements
directs et indirects ainsi
que les cas de surfacturations
et enrichissements illicites.
On compte parmi ces abus
: les missions fictives
et surfacturées,
les salaires disproportionnels
et exorbitants, les nominations
de complaisance à
des postes de responsabilité
d’agents sans qualification
ni diplômes adéquats,
les passations de marchés
à des sociétés
contrôlées
indirectement par les responsables
des caisses ou par des proches
de membres du gouvernement
et toutes les formes d'indemnités
imaginées pour pomper
l'argent des paysans. Il
nous a même été
fait cas de situations de
détournements de
budgets pour les financements
occultes de partis politiques.
La justice doit aller au-delà
d'une simple action publicitaire.
En effet, doivent aussi
être poursuivis, tous
ceux qui sont impliqués
dans les cas de détournement
avérés de
produits agricoles.
Il serait injuste de parler
de justice, en laissant
libres de toute poursuite,
des individus reconnus coupables
d’avoir fait transporter
pour en tirer des profits
personnels, le café,
le cacao, l’anacarde
et le coton, vers des usines
de pays limitrophes.
Les premiers responsables
de ces filières ne
doivent pas être épargnés,
car la gestion de la chose
publique va de paire avec
la responsabilité.
Le CPR souhaite que la justice
puisse avoir aussi les mains
libres pour s’attaquer
aux dossiers de la CAISTAB,
afin que les barons qui
ont pillé par le
passé les paysans
ne soient pas non plus épargnés.
L’opération
de transparence et de propreté
dans une nation est comparable
à une action de lavage
d’un immeuble en vitres.
Pour le maintenir propre,
il se nettoie du sommet
vers le bas et non du bas
vers le sommet. Il faut
permettre à la justice
de s’attaquer au sommet,
avant qu’elle ne descende
vers monsieur Tapé
Do et compagnie, qui ne
sont que des seconds couteaux
d'un système de corruption
généralisé
qui gangrène le pays.
Fait
le 23juin 2008
Pour le CPR
Le Président du Parti
Doumbia S. Major