English version Nous sommes le 10 Mars 2010                     
 
       
 
 
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Interviews

C . P . R
Congrès Panafricain pour le Renouveau Démocratique en Côte d'Ivoire



Interview vérité accordée par M. Doumbia S. Major, Président du CPR, au journal "le temps" .

Cette interview vérité donne un aperçu du programme du CPR, parti politique qui a inscrit à l'ordre du jour de son action,
la bataille pour pour la modernisation de la Côte d'ivoire


doumbia majorMonsieur Doumbia Major, Président du CPR a bien voulu accorder une interview au Quotidien ivoirien "le temps".
sans faux-fuyants ni fioritures, il se prononce sur tous les sujets et donne son avis sur la classe politique ivoirienne actuelle. Selon lui, celle-ci se livre à un combat de prédateurs et à des manoeuvres pour le pouvoir, au lieu de se battre réellement pour le bonheur du peuple. Ne se limitant pas à la critique, au nom du CPR, il fait des propositions qui selon lui doivent poser les bases de la modernisation du pays.
Nous mettons cette interview à la disposition des militants et sympathisants et nous la portons à la connaissance du large public, pour que chacun se fasse son opinion de la situation politique du pays. - www.cprci.org

"Le temps": Que devient Doumbia major?

-Doumbia Major :
Avant d'apporter un éclairage sur ce que je deviens, je voudrais adresser un vibrant hommage au valeureux peuple de Côte d'ivoire qui se bat pour survivre, dans des conditions présentes difficiles surtout que l'absence de perspectives n'offre qu'un avenir sombre pour nos populations et pour leurs descendants. En tant qu'émanation de ce peuple qui souffre, je lui adresse mes salutations et mon soutien dans l'épreuve qu'il traverse, dans sa lutte contre la faim, la pauvreté et la misère.
Cela dit, il faut noter qu'après mes études à Paris où j'ai fait un Master en tant que responsable projets de développement et un Master en communication politique, je suis aujourd'hui Directeur Général de la société Phoenix-group-international Sarl. Parallèlement, j'offre mon expertise en tant que consultant en conception et audit de projet de développement, en analyse de discours politiques et médiatiques, et je m'occupe de mise en place des systèmes d'organisations en entreprise.
Mon entreprise fait également de la formation, car je pense que c'est par la formation qu'on obtiendra les cadres qui bâtiront notre société de demain. J'interviens en Europe comme en Afrique et je compte délocaliser très prochainement la succursale Africaine à Abidjan.
Au niveau politique, j'ai été désigné comme le Président du Congrès Panafricain pour le Renouveau Démocratique en Côte D'Ivoire, le CPR. J'ai été choisi par les camarades qui vivent en Côte d'ivoire et ceux vivant à l'étranger, pour présider aux destinées de ce Parti politique. J'ai accepté cette marque de confiance qui témoigne de la reconnaissance par les camarades de la constance dont je fais preuve, dans notre combat commun pour la défense des intérêts du peuple. J'assumerai cette fonction avec responsabilité et dignité, dans la droite ligne de nos idéaux et de notre combat pour la redistribution équitable des ressources collectives, la défense de l'unité nationale et le combat pour la justice et la modernisation de notre pays.

"Le temps": Quelles sont vos relations avec les Forces nouvelles


-Doumbia Major :
Mes relations avec ce mouvement ne sont pas différentes de celles que j'ai avec toutes les autres organisations. J'y ai encore des amis tout comme j'ai des amis au PDCI, au FPI, au RDR au PIT, au PPS et dans les autres associations. Beaucoup de membres de ce groupe ont décidé de rejoindre notre parti et nous les félicitons tout comme nous félicitons les déçus et transfuges des autres partis qui rejoignent le CPR, pour mener le véritable combat démocratique pour le bien être du peuple ivoirien.

"Le temps": Vous étiez dans les débuts de la crise un pion essentiel. Malheureusement, vous avez été mis à l'écart. Peut-on avoir les raisons?

-Doumbia Major :
Par qui ais-je été mis à l'écart? Je n'ai jamais été mis à l'écart, je suis parti de moi-même librement tout comme je suis venu librement. J'ai organisé un congrès public et vous vous souviendrez que je n'avais pas été candidat à ma propre succession malgré les insistances des un et des autres, puisque l'idéal que je partageais en m'engageant dans ce mouvement populaire, comme beaucoup d'autres ivoiriens, se trouvait en déphasage avec les pratiques et agissements de certaines personnes.
Vous devez savoir que toute ma vie, j'ai décidé de ne jamais voler de deniers publics, j'ai décidé de me battre pour l'unité nationale contre toute forme de division tribale du peuple, j'ai décidé de ne jamais utiliser l'action collective pour chercher à en tirer un avantage personnel. J'ai décidé de me battre pour que les ressources collectives soient partagées au peuple et que ces ressources soient utilisées pour générer le développement.
Des gens m'ont demandé d'apporter mon soutien à leur action en proclamant qu'ils voulaient tout comme moi un nouvel ordre politique et économique. Je me suis rendu compte à mi-parcours que ces gens ne se battaient plus pour le peuple, mais pour le pouvoir afin d'en tirer un profit personnel, je me suis dès lors senti libre de me retirer de leurs actions. Car je ne voulais pas porter la responsabilité historique d'actes que mon éducation m'interdit de cautionner.
Vous savez, je suis un croyant, musulman pratiquant et j'ai grandi dans des écoles chrétiennes où j'ai appris qu'il faut aimer son prochain comme soi-même. Je n'ai jamais tué un être humain et je ne voulais pas être amené à tuer par personne interposée surtout, pour une cause autre que la défense de l'intérêt national. Je n'ai jamais volé de biens publics et je ne voulais pas être amené à être un jour accusé de vol en cautionnant par ma présence et mon silence certains actes de ce type.
En plus, je me suis rendu compte qu'hormis une obligation d'ordre morale et éthique, il n'y avait aucun statut à partir duquel on pouvait interpeller ceux qui posaient des actes contraires à nos engagements. Donc il n'y avait aucune base légale à partir de laquelle on pouvait en vouloir à quelqu'un. Il n'existait aucune règle écrite à partir de laquelle tu pouvais dire à quelqu'un de ne par casser une banque où de ne pas tuer telle personne. Puisqu'il n'y avait ni texte ni contrat morale qui me liait à eux, le mieux pour moi était de partir au risque de voir mon âme se corrompre. C'est ce qui explique que j'ai opéré ce que j'appelle "la rupture politique légitime", pour continuer mon combat pour le peuple en souffrance, puisque ce mouvement n'était pas un cadre qui me permettait d'exprimer ma vision politique du monde.


"Le temps": Vous étiez avec IB, avez-vous été chassé?


-Doumbia Major :
Là encore vous vous trompez et beaucoup de personnes trompent le peuple. Je faisais partie des personnes qui ont contribué à faire sortir IB de prison. Lorsqu'il est venu en France il a été livré à la justice par ses propres amis. C'est quelqu'un que j'ai connu à Akuédo quand j'avais été arrêté sous le régime de Guéï. Quand il a été arrêté, sa femme est venue me voir en France, en me disant que son mari a été trahi par tout le monde et qu'ils l'on jeté en prison pour des questions de leadership.
Comme je supporte mal l'ingratitude et la trahison, j'ai dit à la bonne dame de sécher ses larmes que j'allais tout mettre en œuvre pour sortir son mari de prison. C'est ce que j'ai fait. Je l'ai fait naturellement tout comme lycéen, je me suis battu quand Gbagbo et ses compagnons avaient été jetés en prison injustement. Je l'ai fait comme je me suis battu quand Martial Ahypeaud et les autres camarades avaient été mis en prison. J'ai fait ce combat comme celui que j'ai fait quand la direction du RDR était en prison sous le régime de Bédié. C’est ce même combat que j'ai mené avec le GAC quand le porte-voix actuel de la rébellion était en prison sous le régime de Bédié; c'est cette même conviction qui m'animait quand je me battais pour sortir Blé Goudé de prison sous le même régime. C'est ma nature de ne pas supporter l'injustice et la trahison. Je suis comme ça c'est tout et je ne renoncerai jamais à ce combat contre l'injustice.
Je lui ai trouvé une maison et une adresse pour le sortir de prison et j'ai débloqué mes fonds propres pour le soutenir. J'accordais même des interviews qui duraient des heures depuis Paris avec mon téléphone, vous les journalistes vous êtes informés. J'avais des factures de 600 à 800 Euros, je payais parce que quand je promets faire quelque chose je le fais.
Quand il est sorti de prison, il a voulu s'engager en politique. Il voulait créer des sites internet pour lancer sa campagne politique. Je lui ai dit qu'en tant que spécialiste en communication et marketing politique, je lui déconseillais de le faire. Je l'ai dit parce qu'en le faisant il se poserait comme une cible politique et se poserait comme le concurrent de certains acteurs politiques, qui n'hésiteraient pas à le liquider politiquement alors qu'il était loin du terrain.
Il n'a pas compris le sens de mon conseil. À partir de cette divergence stratégique j'ai pris mes distances vis-à-vis de lui, ce qu'il n'a pas apprécié cela visiblement. Mais je n'engage pas de batailles perdues d'avance dont on ne peut tirer aucun profit stratégique. Le résultat de son action individuel me donne visiblement raison, avec tous les coups tordus dont il est victime. C'est un frère comme les autres et j'éprouve de la peine pour ce qui lui arrive, mais en politique les erreurs se payent très chers.À présent il suit son chemin qui est différent du mien.

"Le temps": n'est-ce pas vous qui êtes le problème?

-Doumbia Major :
Effectivement je suis un problème et j'ai un problème qui se résume dans le fait que je veux rester honnête et digne dans un monde pourri, un monde de prédateurs, de sangsues et de bourreaux. Dois-je renoncer à mes convictions parce que je fréquente des gens sans dignité ni principe? Je réponds par la négative, car je crois qu'on n'est pas sur cette terre obligé d'user de son statut pour profiter des délices de l'exploitation des autres; on doit être utile aux autres et apporter un plus à l'humanité.
J'ai des principes et des idéaux, et je ne compte renoncer pour rien au monde à ce rêve que j'ai de voir un jour mon pays modernisé.
Vu sous cet angle, je suis un problème pour les prédateurs du peuple, qui veulent me diaboliser, car ils vivent du pillage du trésor collectif.
Je voudrais d'ailleurs partager avec le peuple ce que je dis toujours à mes camarades avec lesquelles je travaille : dans notre combat nous ne suivons pas des personnes, car il ne s'agit pas de regroupement autour d'une personne, mais autour d'un projet et autour d'un idéal pour le pays. Il y a certes des porteurs de projet, mais chacun d'entre nous est interchangeable. Il faut avoir une ligne et des objectifs collectifs à atteindre pour sortir le pays de la misère afin que chacun en profite. C'est pour cela que le jour où Doumbia Major trahira ce combat et qu'il s’en détournera, j'autorise chacun à se détourner de lui. Car ce n'est pas moi en tant qu'individu que l'on suit mais une idée, une ligne politique et des objectifs matérialisés dans un projet de société que nous partageons.
Donc vous comprenez que, ce sont ceux qui se détournent du combat qui sont les problèmes pour le peuple et non ceux qui restent dignes et constants dans leur engagement.
Il faut retenir que personnellement, je suis mes convictions et mon combat pour la redistribution des ressources; je suis mon combat pour la justice afin que chaque ivoirien puisse avoir la même chance d'entrer à l'ENA, que son père soit pauvre ou riche, qu'il connaisse ou pas un ministre, sans tenir compte de son ethnie ou de sa religion. Je veux qu'il soit instaurer l'obligation de bancarisation et qu'il y ait une retraite pour les paysans et tous ceux qui travaillent, qu'ils soient ouvriers, commerçants ou entrepreneurs privés. Je me bats pour qu'il y ait une caisse d'assurance maladie qui permette à chacun de se soigner gratuitement sur la base de cotisations et de la solidarité nationale.
Je me bats pour l'obligation d'établissement d'un bulletin de salaire pour chaque ivoirien qui travaille, je me bats pour l'instauration d'un salaire minimum calculé sur la base du coût de la vie et qui soit garanti et contrôlé par l'état. Je me bats pour l'école gratuite et obligatoire.
Je me bats pour que nos compatriotes, frères et sœurs qui ne travaillent pas, indépendamment de leur volonté, puissent avoir un revenu minimum vital et qu'ils ne soient plus obligés d'aller mendier chez des tontons, des cousins ou amis qui travaillent, pour vivre. Au sein de notre parti nous nous battons pour que les handicapés aient une allocation de survie. Nous nous battons pour donner à chacun de nos citoyens une dignité, nous nous battons pour créer des emplois avec les moyens de l'état pour nos compatriotes, en donnant des fonds d'installations aux jeunes, et des fonds d'aide aux créateurs d'entreprises. Nous voulons mettre en place un système d'identification moderne; nous voulons faire voter des lois pour l'obligation d'adressage, car c'est par là que commence le développement et la modernisation.
Nous avons un projet pour nos frères et sœurs déscolarisés et nos camarades sans emplois qui sont obligés de trainer dans les gares routières ou dans les quartiers.
Nous voulons qu'au delà des ethnies ou des religions, on puisse se battre pour la survie de ce peuple et qu'on ne rentre pas dans la manipulation tribale de certains dirigeants, qui ne pensent qu'à conquérir le pouvoir pour profiter des fastes et privilèges. Moi je suis un enfant du peuple, je suis né dans un quartier populaire, et je veux sortir ce peuple de la misère.
C'est pour cet idéal que je vis et c'est pour cet idéal que je suis prêt à me démarquer des gens qui déclarent un objectif de vouloir se battre pour le peuple et qui après trahissent leurs propres engagements.
Voilà pourquoi nous avons décidé de créer ce parti, pour traduire nos idées en actes. Ces idées ne peuvent se réaliser qu'en étant organisé, avec le peuple et pour le peuple.

"Le temps":N'êtes vous pas sorti zéro dans la rébellion?

-Doumbia Major :
Je ne comprends d'ailleurs pas ce que vous appelez "sortir zéro de la rébellion". Je ne me suis pas engagé pour espérer tirer un quelconque profit personnel de mon action politique pour la redistribution équitable des ressources et contre le tribalisme. Quand ceux qui selon vous sont riches aujourd'hui m'appelaient pour soutenir le soulèvement de septembre 2002, moi je n'étais pas sans travail, j'avais un boulot respectable dans une organisation internationale, présente sur 27 pays dans le monde. J'avais un salaire de près de 2 millions de franc CFA par mois. Je mettais à cette époque, l'une de mes voitures à leurs dispositions pour faire leurs courses quand ils arrivaient à Paris.
Vous comprendrez que je ne compte pas sur une action de banditisme ou de braquage à l'échelle d'une nation, pour nourrir ma famille.
En plus ce que vous devez savoir c'est que l'argent et l'enrichissement ne sont pas le but en soi de ma vie. Mon but c'est de chercher à vivre heureux, et l'argent n'est pour moi qu'un simple moyen. À quoi sert-il d'accumuler de l'argent qui de surcroit est de l'argent volé, quand à côté de vous il ya une partie du peuple qui crève de faim et de misère. Moi je ne peux pas être heureux en vivant du fruit du vol de l'argent du peuple, encore moins de l'exploitation abusive et inéquitable des ressources collectives.


"Le temps":Vos compagnons occupent de hauts postes?


-Doumbia Major :
Je ne suis pas intéressé pas ce genre de postes.
Dans la vie le tout n'est pas d'occuper un haut poste, le tout c'est de se demander si je mérite vraiment le haut poste que j'occupe et qu'est-ce que j'en fais.
Citez-moi un seul pays qui se respecte au monde dont un haut fonctionnaire n'a aucune expérience professionnelle?
Vous voyez, le pays est truffé de ce genre de personnes qui prennent l'administration en otage et qui mettent la nation en retard alors qu'ils pensent à tord qu'ils sont des patriotes.
Nous qui sommes à l'étranger, nous sommes obligés de payer pour leurs incompétences et insuffisances, car comme ils sont incapables de donner des emplois ou un revenu minimum à nos frères qui ne travaillent pas, c'est nous qui sommes obligés de faire des westerns union. Comme ils refusent ou sont incapables de mettre en place un système de soins, c'est nous qui payons leurs incompétences et manque de volonté politique, en payant les ordonnances de nos amis ou familles. Comme ils sont incapables de mettre en place des systèmes de retraites pour les non-fonctionnaires, c'est encore nous qui travaillons ou qui sommes expatriés qui devons payer pour leurs incompétences et leurs actes antipatriotiques qui consiste à braquer le pays en occupant des postes qu'ils ne méritent pas.
Comment voulez-vous que je regarde de telles personnes ? Faisons ensemble le bilan de ceux qui occupent aujourd'hui ce que vous appelez "des hauts postes", au niveau économique, éducatif, création d'emplois et au niveau social et vous me direz ce que les ivoiriens pensent d'eux.
Je ne sais pas comment les autres ivoiriens les regardent, mais personnellement ils me font pitié. Moi je ne mène pas de combats alimentaires. Et je ne prendrai jamais le risque d'occuper un poste quand je sais pertinemment que je n'ai ni les compétences encore moins les aptitudes pour l'occuper.
Vous voyez c'est ça qui met une nation en retard et ce sera difficile pour les générations à venir, de combler ces retards que provoquent ces incompétents et ces médiocres. Il faut mettre les hommes qu'il faut aux places qu'il faut : "the right man at the right place" comme le disent les anglais.
Celui qui veut occuper un poste qu'il l'occupe mais qu'il sache qu'il fait du mal à son pays s'il n'a pas de compétences pour cela.
Ils créent des situations de ni paix ni guerre qui maintient le peuple dans la misère. Aujourd'hui le peuple l'exprime par des soulèvements populaires contre la vie chère. J'apporte mon soutien et ma compassion d'ailleurs aux victimes et à leurs familles.

"Le temps":avez-vous des regrets

-Doumbia Major :
Pourquoi voulez vous que je regrette de ne pas mélanger ma viande de mouton à la viande de cabri de ces personnes là?
Je ne m'en veux pas de m'être engagé sincèrement comme tout ces ivoiriens et africains qui avaient cru au changement en Côte d'ivoire. Tout comme je ne leur en veux pas d'avoir choisi la voie qui est la leur, il faut simplement noter que chacun d'entres-eux n'a fait que révéler sa personnalité et montré son vrai visage. C'est l'histoire qui jugera chacun d'entre nous. À partir de ce moment chacun est libre de suivre sa voie et moi j'ai choisi la voie de continuer la lutte pour la redistribution des ressources et la modernisation du pays. Car on ne suit pas des individus dans une lutte politique, on suit une cause et ses convictions. Quand des individus se sont éloignés de la cause commune, usez de la dernière chose qui vous reste et que nul ne peut vous arracher: à savoir cette flamme qui brûle en chacun d'entres-nous et qu'aucune eau ne peut éteindre, c'est-à-dire votre liberté de dire non et votre liberté de ne pas suivre les gens dans le faux. Je ne l'ai personnellement pas fait pour moi, mais pour les générations à venir dans lesquelles j'aurai mes enfants et mes petits enfants.
Pour moi, il est préférable que tous les citoyens soient heureux que moi seul le sois; car je ne supporte pas de vivre dans l'opulence avec la richesse du peuple, pendant que ce même peuple croule sous la misère. C'est un choix de vie, il faut le prendre ainsi, c'est mon choix.
Si des gens ont cru trahir le peuple en choisissant d'aller manger, ils se sont trompés car ils n'ont fait que révéler leur personnalité. Le combat de ce peuple ce n'est pas un combat pour le pouvoir, c'est un combat pour un bien être social, dans le respect de la dignité de chacun. Ceux qui auront trahi le peuple perdront tout simplement la confiance du peuple.
Et croyez-moi si l'on sort du contexte armé, le jugement du peuple se fera sentir, il sera implacable et n'aura rien à avoir avec les fausses vérités que certains peignent dans leurs journaux partisans, qui créent des espaces publics artificiels et une fausse opinion publique, qui n'a rien à avoir avec la réalité du peuple véritable qui a faim et qui veut changer sa condition de vie.
Nous recevons des centaines d'appels de toutes ces personnes qui veulent continuer le combat et elles se retrouvent en phase avec l'idéologie du CPR. C'est un parti qui se bat pour le peuple et pour que ce qui appartient au peuple lui revienne de droit, dans la justice et la vraie paix.

"Le temps":êtes-vous prêts à recommencer?

-Doumbia Major :
Rien ne me fera abandonner le combat pour le bien être du peuple. En acceptant de diriger le CPR, j'ai fait le choix explicite de l'action politique, donc j'ai fait le choix d'utiliser la force de l'argumentation et non celui de l'argumentation de la force. Aujourd'hui je dirige avec d'autres camarades un parti qui a des textes et une ligne directrice que vous trouverez sur le site internet www.cprci.org ou au siège à Yopougon; donc c'est notre combat qui continu et on ne s’arrêtera que le jour où il n'y aura plus certains de nos concitoyens en souffrance dans la misère.

"Le temps": Est-ce que la rébellion a atteint ses objectifs?

-Doumbia Major :
Je suis vraiment désolé de ne pouvoir répondre à cette question, car la rébellion n'avait pas d'objectifs clarifiés et mentionnés dans un contrat écrit ou des statuts et règlements intérieurs. Adressez-vous donc à celui qui dit être le chef historique de cette rébellion, c'est lui qui sait où il conduit son mouvement.
Un mouvement sans objectifs écrits peut prétendre à tout moment avoir atteint ses objectifs, puisque il n'y a aucun texte écrit qui peut permettre de faire une évaluation, pour voir si les objectifs ont été atteints ou pas. Toutefois on a seulement pu constater qu'au début elle ne volait pas, elle ne rackettait pas et elle disait être venu se battre contre l'ivoirité et pour un nouvel ordre politique en Côte d'ivoire. Aujourd'hui c'est le contraire, donc on peut constater que les objectifs ou du moins les pratiques changent. Entre les objectifs proclamés et les actions il y a un grand écart.
Ce sont ces objectifs de base qui ont d'ailleurs fait que nous qui militions déjà en exil dans des organisations, leur avons apporté notre soutien. Apparemment, elle ne se battait pas pour le partage du pouvoir ni pour des grades, elle se battait pour le peuple. Entre ce moment et maintenant, chaque ivoirien peut juger et dire si oui ou non elle a atteint ses objectifs ou si elle a dévié de ses objectifs. Mais la personne la mieux indiquée pour en parler reste le porte-voix actuel de la rébellion.

"Le temps":Pourquoi on ne vous entend plus parler?

-Doumbia Major :
Un homme ne parle pas à tout moment, il y a des moments de réflexion et des moments d'action.

"Le temps": Pourquoi avoir créé un parti?

-Doumbia Major :
Nous avons crée un parti, car il fallait un cadre de conception, de confrontation et d'expression de nos idées. Parce que nos convictions et notre idéal ne se retrouvent pas suffisamment défendus dans les partis qui se trouvent sur l'échiquier politique actuel. Rares sont ceux d'entres-eux qui partagent notre projet de société et notre idéal de société. Par ailleurs il faut savoir que lorsque vous avez été mordu par un serpent vous vous méfiez du ver de terre.
Le peuple a été berné depuis la période du PDCI jusqu'à aujourd'hui par une élite qui ne pense qu'à ses propres intérêts de classe. C'est pourquoi nous qui sommes dans le peuple et qui venons du peuple, avons décidé de prendre notre destin en main et de ne plus confier notre combat à des gens qui vont le détourner à des fins alimentaires ou pour qu'ils en tirent des privilèges personnels.
Le combat du peuple pour la justice sociale et la redistribution des ressources est resté intact. Notre détermination et notre conviction qui restent inébranlables est de faire avancer cette lutte vers la victoire finale. C'est-à-dire la victoire du peuple unis comme un seul homme. Ce combat est encré dans nos convictions profondes et notre rêve de modernité pour le pays. Le parti crée un cadre d'action, fondé sur des textes et objectifs clairs et en plus, il lie les membres à travers un contrat moral par l'adhésion aux statuts et à l'idéologie. Dans un parti il y a une ligne et on sait qui trahi ou qui dévie par rapport à la ligne déclarée.
En m'engageant dans ce parti c'est que j'ai accepté un contrat moral que je ne trahirai jamais, tout comme je n'ai jamais trahi mes convictions et engagements.

"Le temps":Où se situe ce parti?

-Doumbia Major :
Comme l'a dit le secrétaire général, le camarade Taha Julien, notre parti est un parti Progressiste qui a pour objectif la modernisation de la Côte d'Ivoire, dans un cadre de justice, de partage et de solidarité. Le CPR veut créer le développement pour le bien être des ivoiriens et surtout faire de la Côte d'Ivoire un pays développé qui se réapproprie la science et la technologie pour générer le développement.
En terme d'idéologie politique, le CPR, se veut un "parti solidariste africain", un concept politique que nous avons crée et que nous développons sur notre site internet. C'est une vision politique et économique simple qui s'appui sur les modèles économiques de sociétés qui ont toujours existé en Afrique.
En effet, si vous observez les sociétés africaines traditionnelles, vous verrez que dans les villages africains on se réuni pour travailler dans les plantations des individus à tour de rôle ou pour construire des maisons pour chacun. Ça veut dire que la communauté ou la collectivité apporte une aide à l'entreprenariat privé ou aide à l'accession à la propriété privée, sur le principe que plus il y a d'individus riches dans une communauté humaine, c'est en définitive la communauté qui devient riche. C'est ce qu'on appelle le "N'Gbli" chez les baoulés ou le "Ton" en malinké ou encore "adébasonkpé" en Guéré.
Pour nous, c'est l'état qui doit utiliser les ressources collectives pour aider à l'émergence d'un entreprenariat privé national et favoriser l'accession à la propriété privée. Les ressources collectives doivent être utilisées pour investir dans l'éducation, les logements sociaux, la santé, l'aménagement du territoire et surtout veiller à ce que les individus puissent avoir du travail. En Côte d'Ivoire aujourd'hui aucun ministre n'est capable de dire combien d'emplois sont crées par mois et par secteur d'activité. On ne connaît pas le chiffre du chômage alors que les gens croupissent sous la misère.
C'est toutes ces aberrations que notre parti politique veut changer, en mettant en place un système politique solidaire, qui va moderniser le pays et créer le développement dans un cadre de justice et de respect des libertés individuels, tout en aidant et encourageant l'entreprenariat privé.
Vous voyez que nous ne sommes ni communiste car le communisme préconise la propriété collective des moyens de production, ni capitaliste extrémistes non plus, car c'est un système dans lequel chacun doit se battre, l'état ne jouant que le rôle de régulateur dans un schéma de concurrence libre. Aujourd'hui face aux insuffisances de ces deux systèmes, les occidentaux eux-mêmes se retournent vers le modèle de solidarisme africain que nous portons, ce n'est donc pas à nous de nous en détourner.

"Le temps": Expliquez les raisons?

-Doumbia Major :
Précisez votre question?

"Le temps":Quel commentaire faites-vous sur la condamnation de IB à Paris?

-Doumbia Major :
Je n'ai pas de commentaire à faire. Le concerné lui-même s'est prononcé sur son procès tenons-nous à cela.

doumbia major"Le temps": Un mot sur le processus de sortie de crise.

-Doumbia Major :
Le mot processus désigne une suite de phases dans l'organisation d'une action. Ce qui veut dire qu'il y a un début et une fin qu'on définit dans l'action. Dans notre cas ce n'est pas un processus c'est une marche interminable, une marche sans fin vers la sortie de crise.
Je préfère qu'on nous donne des calendriers clairs et qu'on constate ensemble les échecs ou les réussites. Quand on s'engage à apporter la paix dans un délai précis et que l'on ne respecte pas ce délai librement choisi, on appelle cela un échec. Il faut en tirer les leçons quand on a un peu de dignité qui nous reste.
Pour nous qui avons été formé à appréhender le monde de façon cartésienne, les dates sont sacrées. Un pays se gère avec un échéancier clair qu'on respecte sinon on est tout simplement dans l'échec; même les marges d'erreurs sont étudiées d'avance quand on est un homme politique.
Donc qu'on sorte des processus sans limite dans le temps. Le peuple est fatigué de processus sans fin, le peuple veut voir la fin des processus qui le maintiennent dans la misère. L'éducation moderne que nous avons reçue fait de nous des adeptes du fétichisme des dates: Dans ce monde moderne, les délais sont sacrés car ils nous engagent.
Quand des gens échouent dans la gestion des crises comme celles que traverse la Côte d'Ivoire, cela veut dire qu'ils se sont trompés sur la nature et le diagnostic de cette crise que traverse le pays.
Sans connaître les fondements socio-économiques de cette crise, certains ont récupérés l'élan au changement du peuple, mais en réalité, ils ne sont que de simples opportunistes; ils sont comme des médecins qui veulent guérir un mal dont il ne se préoccupe pas de connaître les causes et les symptômes. On ne peut pas résoudre un mal dont on ignore ou dont on refuse de prendre en compte toutes les données.
Il ne faut pas croire qu'en signant un cessez-le-feu on peut résoudre un problème d'exclusion, de fracture sociale et de marginalisation économique d'une grande partie de la population qui subit la misère que lui impose une minorité dirigeante.
Pour sortir du bourbier dans lequel nous sommes, il faut une concertation inter ivoirienne de concorde nationale, qui va se pencher sur tous les problèmes. C'est tout de même surprenant qu'on veuille guérir un mal comme celui que nous traversons alors qu'on ignore ou refuse de prendre en compte des problèmes incrustés dans la mentalité ethnique et les préjugés tribaux au sein des différents groupes qui constituent notre population.
Que le président Gbagbo se renseigne auprès de son fils Michel qui est passé par le même département de psychologie que nous, il verra en ce moment que le mal est plus profond qu'il ne le croit et que ça ne se résout pas uniquement par une opération de partage de pouvoir avec des leaders politiques ou des seigneurs de guerre.

"Le temps":Croyez-vous à un retour de la paix?

-Doumbia Major :
Comme je vous l'ai dit plus haut le mal ne sera soigné que si on accepte de faire un diagnostic rigoureux de la cause du mal en prenant en compte toutes les données, toutes les causes et tous les symptômes. Nous avons décidé de rentrer au pays pour apporter notre contribution pour la paix et on espère qu'on nous écoutera pour le bien du pays.
Nous voulons contribuer à la paix et non à l'absence de guerre. Il ne faut pas confondre paix et absence de guerre. La paix ce n'est pas l'absence de guerre.
Un groupe organisé qui exploite le peuple et s'impose à lui, fait une guerre silencieuse et violente au peuple. L'absence de justice équitable est une violence et une guerre contre le peuple.
Au CPR, nous sommes pour la paix, la vraie paix dans laquelle les droits de chaque citoyen sont respectés. C’est pourquoi je souhaite rentrer au pays pour apporter avec mon parti ma contribution pour le retour à la paix véritable. Car je veux fortement que le peuple soit en paix et non exploité, ni opprimé par des groupes de privilégiés qui lui font la guerre, en lui imposant la faim et la misère.

"Le temps": beaucoup disent que l'Accord de Ouagadougou est le meilleur. Partagez-vous cet avis?

-Doumbia Major :
Non,'l'accord de Ouaga reste perfectible comme les accords qui lui ont précédé. Nous le savons tous, c'est d'ailleurs pourquoi ne voulant pas rester indifférent au sort de ce peuple, nous voulons rentrer pour participer au retour à la paix. Il faut en finir avec la guerre il faut mettre des règles de justice et éviter que la majorité des citoyens soient exclus du partage du trésor public.
Les accords de Ouaga définissent les conditions pour que certains chefs de groupes acceptent de désarmer, mais ils ne posent pas les conditions pour que le peuple ne se soulève plus. C'est ça la différence. La preuve en est que malgré l'accord de Ouaga il vient d'avoir deux morts lors des manifestations contre la vie chère. Pour soigner notre mal, il faut une concertation nationale qui ne fasse pas la part belle uniquement au gens qui tiennent en main des armes, puisque tout citoyen est un combattant armé potentiel. Il faut éviter de convoquer des groupes artificiellement fabriqués, qui au lieu de défendre le peuple à ces concertations, viennent défendre des partis, clans ou intérêts politiques.
Si on ne fait pas cela peut-être qu'on pourra obtenir le désarmement, mais nul ne pourra arrêter les soulèvements populaires contre la faim.
Nul ne pourra contrôler les chômeurs, les travailleurs misérables ou des étudiants sans avenir ni bourses d'études.

"Le temps":Pourquoi selon vous les autres Accords ont échoué?

-Doumbia Major :
Comme je l'ai démontré plus haut, quand on fixe une date et qu'on n'arrive pas à faire ce qu'on a dit qu'on ferait à la date où on le ferait, on appelle cela en Français un échec. L'accord de Ouaga vu sur cet angle a échoué et ceux qui sont porteurs de cet accord ont échoué. C’est d'ailleurs cela qui fait qu'on y adjoint des accords complémentaires et qu'on repousse chaque fois les élections et que sais-je encore. Mais il ne faut pas jeter le bébé et l'eau du bain avec. Nous devons parfaire cet accord et contribué tous à créer les conditions de la paix en apportant chacun à notre niveau notre contribution. Il faut saluer ceux qui ont signés ces accords, car c'est déjà un pas. Mais il y a d'autres pas à faire, faisons les avec tous les fils du pays.
Quel accord de paix signe-t-on quand il y a encore des militaires en exil et qu'on ne veuille pas les associer aux discussions. Ça c'est des données à ne pas ignorer, il ne faut rien minimiser en politique. Quel accord signe-t-on quand certains partis politiques sont exclus des discussions. Pourquoi refuse-t-on que les syndicats du pays se prononcent sur les conditions de la paix durable? Il faut arrêter les farces politiques.
Il faut une véritable concertation de concorde nationale qui associe les différents acteurs politiques et la société civile. Il faut avoir l'avis des chefs religieux et des chefs de villages ou des rois; eux aussi sont des leaders d'opinion qui peuvent apporter leur contribution pour l'équilibre social, car ils forgent les mentalités du peuple. C'est cette concertation de concorde national qui, il me semble, règlera les questions politiques et économiques ainsi que les questions de justice sociale, pour que le pays reparte sur de nouvelles bases. On peut vouloir la contourner aujourd'hui mais ça finira par là. Gagnons donc du temps en commençant par là.
Concernant les accords, ce qui les fait échouer ce ne sont pas forcement les accords eux-mêmes dans leur contenu intrinsèque, mais ce sont les individus qui confondent leurs intérêts personnels avec les intérêts du pays. Pour leur appétit vorace, ils bloquent toute la nation.

"Le temps":Que pensez-vous de l'opposition ivoirienne?
-Doumbia Major :
Un opposant qui se retrouve au pouvoir n'est plus un opposant, il devient un gouvernant.
Logiquement dans les démocraties, le parti au pouvoir gouverne et l'opposition s'oppose par des propositions et contre propositions. C'est d'ailleurs pourquoi les partis politiques reçoivent des financements d'état avec l'argent du contribuable, car ils participent à faire avancer le pays dans leur rôle d'opposant.
Malheureusement en Côte d'ivoire, nous pensons que nous ferons parti des rares partis d'opposition puisque tous les autres ont des postes ministériels dans le gouvernement. Ils sont donc mal placés pour critiquer leur propre action collective. Ils perdent de facto leur rôle d'opposants.

"Le temps":y-a t-il une vraie opposition en Côte d'Ivoire?

-Doumbia Major :
C’est à vous de juger.
Mais sachez que je ne mène pas le même combat que ces opposants dont vous parlez. Je n'entre pas dans le schéma de ces soi-disant leaders politiques, tout comme je ne peux pas suivre les camarades de ma génération qui ont fait le libre choix de trahir la lutte de leur génération.
Mon développement vous fera comprendre pourquoi personnes d'entres-eux ne peut m'acheter et que je demeure non maîtrisable.
Vous devez savoir que chaque génération a son combat et qu'on ne fait pas le combat de sa génération par procuration, tout comme on ne demande pas à une génération de faire le combat de notre génération à notre place.
Combattre pour sa génération ou trahir le combat de sa génération est un choix libre que fait chacun d'entres-nous.
Chaque génération a son combat parce que chaque génération a sa réalité.
Pour vous en convaincre il faut voir par exemple la génération de Houphouët Boigny: la réalité que devait affronter la génération de Houphouet Boigny, les Amani Diori, Sekou Touré et les autres était la réalité de la colonisation.
À leur époque les Blancs dirigeaient directement les noirs sur la terre des noirs; ils ont combattu cette réalité insupportable et ils ont demandé à diriger eux-mêmes leurs compatriotes. C’est ce qui a été fait et ils ont mis en place des partis uniques, ils ont établi des régimes de partis uniques, sans partage de pouvoir ni démocratie. Les gouverneurs Blancs ont cédés la place à des gouverneurs noirs qui faisaient la pluie et le beaux temps dans leur pays. Sous ces régimes toutes contestations internes étaient matés dans le sang, ils contraignaient à l'exil leurs compatriotes qui n'étaient pas d'accord avec cela. Vous avez vu les Laurent Gbagbo fuir pour aller en exil, les Zadi Zaourou qui étaient contraints à la clandestinité, les Bamba Moriféré accusés de préparer des coups d'états par Houphouët.
La génération d'Houphouët a fait un combat contre le blanc pour l'indépendance, mais la réalité de la génération de Gbagbo Tanoe, Moriféré, Zadi, Wodié et les autres, était une autre réalité.
Eux se battaient pour que les gouverneurs locaux, qui régnaient comme des rois, sous le mode dictatorial, puissent partager le pouvoir. Cela correspondait à leur réalité, car ils n'acceptaient pas en tant qu'élite, qu'un de leurs semblables puisse s'accaparer du pouvoir et leur interdire de parler de questions qui touchent le pays et surtout que ce dernier refuse de partager le pouvoir avec eux.
C'est pourquoi ils se sont battus pour le multipartisme et la démocratie. Leur combat n'était pas forcement un combat pour le bien être du peuple mais un combat pour le partage du pouvoir.
Contrairement à eux, notre génération est celle qui en 90 scandait "Houphouët voleur" dans la rue, lors des manifestations. Nous crions Houphouët voleur, pas parce que Houphouët cambriolait nos appartements ou qu'il piquait les sous de nos poches, mais c'est parce qu'on voulait que les ressources collectives soient redistribuées au peuple et que chacun puisse profiter de la manne collective. Les yeux de notre génération étaient ouverts et comme on savait qu'Houphouët ne pouvait pas corrompre tout ce monde qui voyait clair, on demandait qu'il soit mis sur place un système politique et économique qui fasse en sorte que tous les citoyens puissent profiter et bénéficier de l'exploitation des ressources et richesses collectives.
Vous voyez que notre combat est différent de celui de la génération d'Houphouët qui avait affaire à l'homme blanc, tout comme il est différent de celui de la génération de Gbagbo, Bédié Ouattara et autres qui sont dans des conflits de pouvoir parce que c'est la réalité de leur génération. C'est des personnes qui sont allés à l'école et parce qu'ils sont allés à l'école certains d'entres-eux pensent que ça leur donne le droit de diriger leurs semblables et de profiter des ressources du pays, sans tenir compte du sort du peuple qu'ils dirigent ou comptent diriger.
Leur combat est différent de notre combat, eux se battent pour le pouvoir sans forcément utiliser ce pouvoir pour changer la vie de leurs concitoyens. Nous autres avons une vision différente de la leur.
La preuve en est qu'au moment où nous parlons de redistribution de ressources, beaucoup d'entres-eux ont été aux affaires ou sont actuellement aux affaires dans un gouvernement d'union, mais vous n'entendrez jamais aucun d'entres-eux vous parler d'allocation de retraite pour les paysans. Certains n'ont même pas de projet de société ou leur projet de société c'est le pouvoir, la revendication de l'ivoirité ou le combat contre l'ivoirité.
Aucun d'entres-eux ne vous parlera d'allocation de survie pour les handicapés qui n'ont pas choisi de naître handicapés.
Aucun d'entres-eux ne vous parlera d'obligation de bancarisation des citoyens: ils l'ont pas fait quand ils étaient au pouvoir et ce n'est pas aujourd'hui qu'ils le feront.
Aucun d'entres-eux ne te parlent des bourses d'études pour nos jeunes, ils passent plutôt le temps à attribuer les bourses à leurs connaissances et parents.
Dites moi encore celui d'entres-eux qui parle de retraites pour nos mères ou pères qui vendent sur les marchés? Aujourd'hui en Côte d'ivoire un paysan dont la plantation brûle se retrouve sans aucune allocation de l'état ou de la caisse paysanne, pourtant le ministère de l'agriculture est géré par un opposant. Les commerçants et entrepreneurs n'ont pas de retraites, et pourtant !
Dites moi qui d'entres-eux parle de l'obligation d'établissement de bulletin de salaire pour tous les citoyens qui travaillent, que ce soit dans le secteur privé ou public?
Qui d'entres-eux parle d'un salaire minimum horaire pour les travailleurs, qui sera garanti par l'état? Tout ça c'est le cadet de leur souci, ce qui compte c'est le pouvoir, le peuple dans ça compte pour du beurre, c'est un bouclier dont chacun se sert dans sa stratégie soit de conquête ou de conservation de pouvoir.
On prend les Dioulas, les Bétés, les Baoulés ou les Attiés, en otage en les montant les uns contre les autres avec l'argument tribal. On cultive et on entretien la haine réciproque chez-eux et comme ça, on est assuré de les utiliser comme du bétail électoral, comme une masse moutonnière, mais en réalité on ne fait rien pour la retraite des paysans qu'ils soient Dioulas, Bétés, Agni, Gouro, Sénoufo etc.
Ceux qui se battent ainsi pour le pouvoir en prenant le peuple en otage n'ont en réalité rien à cirer de la vie du peuple. La preuve en est qu'eux s'octroient des salaires immenses alors que le peuple est dans la misère. Ils achètent des maisons de 500 ou 900 millions alors que le peuple est dans la galère et a du mal à se soigner ou acheter un sac de riz.
L'important pour eux c'est le pouvoir, pour profiter des lucres et des privilèges. Ils se foutent pas mal du bien être du peuple. Ils ne cherchent même pas à savoir combien d'emplois sont crées ou perdu par mois dans le pays : c'est le cadet de leurs préoccupations. On ramène même des déchets toxiques pour détruire la santé et les vies du peuple.
Dans ce pays si tu perds ton emploi tu n'as droit à aucune allocation de chômage, mais ça ils s'en foutent tous.
Si tu n'a pas d'argent et que tu te retrouves malade, tu meurs si tu n'as pas de famille, pour te soutenir.
L'état est défaillant et l'opposition est sans projet, elle n'est qu'aux aguets pour prendre la place pour faire comme ceux qui sont là. Ça c'est de la convoitise et non du militantisme. Le pouvoir pour eux est l'occasion pour satisfaire leur convoitise ou régler leur compte ou leurs haines qu'ils ont vis-à-vis d'autres personnes. Ils ne se battent pas pour le peuple, ils se battent pour le pouvoir en prenant le peuple en otage.
C'est pourquoi lorsque le peuple se rend compte de leur supercherie, le peuple les abandonne dans leurs conflits de pouvoir et n'accepte plus d'aller mourir pour eux.
Vous voyez ce combat là, ce n'est pas le combat de notre génération.
Notre génération veut la mise en place d'un nouvel ordre politique et économique que nous trouvons dans le slogan du CPR dans les termes de "changement positif".
Nous voulons la redistribution équitable des ressources. Nous voulons que tout le monde ait la même chance d'entrer à l'ENA sans payer 5millions pour entrer au cycle supérieur ou sans avoir besoin d'être recommandé par tel ministre ou tel proche du pouvoir. Nous voulons que les concours de polices ou de gendarmerie ne soient plus payants et que chacun aient sa chance lors de tous les autres concours d'entrée dans la l'administration.
Nous ne voulons plus que les jeunes cadres, les fonctionnaires ou les expatriés, soient obligé de compenser les insuffisances et le manque de volonté des autorités politiques qui refusent de mettre en place un système de santé solidaire, une retraite pour les artisans, commerçants, paysans et entrepreneurs.
Le fait que l'état refuse de jouer son rôle entretien un cercle de pauvreté, car ce sont les individus qui doivent jouer le rôle de l'état; même ceux qui sont à l'étranger doivent payer pour les incompétences et la mauvaise foi des autorités politiques.
Notre génération est fatigué de voir un état qui se préoccupe peu du sort de ses propres citoyens, c'est pourquoi nous avons posé la redistribution des ressources au cœur de notre action; elle correspond à la réalité du combat de notre génération et on ne va pas demander à ceux qui se battent pour le pouvoir de mener ce combat pour nous.
Dans cette dynamique générationnelle, si nous combattons l'ethnicité, l'ivoirité et autres formes de divisions tribales, ce n'est pas que le combat contre l'ethnicité est notre objectif final. Nous combattons l'ethnicité et non une ethnie, c'est-à-dire que nous combattons la stratégie politique qui consiste à prendre un groupe ethnique en otage comme bouclier de conquête ou de conservation de pouvoir.
Pour nous le combat contre l'ethnicité est une étape qui doit aboutir à l'unité des masses exploités qui doivent comprendre qu'on les manipule en perdant leur temps dans des querelles fratricides, alors que ceux qui les utilisent pillent tranquillement leurs ressources collectives.
Vous voyez que le combat pour la redistribution des ressources va de paire avec le combat contre l'ethnicité, mais on ne peut pas réussir ce combat en se confinant soi-même dans un agrégat ethnique. C'est d'ailleurs pourquoi le CPR transcende les ethnies et se pose comme unificateur des tribus et ethnies, qui doivent poser ensemble le débat de la redistribution des ressources et de la justice pour tous. Car, que tu sois un paysan Guéré, Baoulé, Bété, Ebrié, Adjoukrou, Dioula ou Yacouba, si tu n'as pas de retraite, tu es logé à la même enseigne que celui que tu combats sous prétexte qu'il est d'ethnie différente. Unissons-nous donc pour réclamer notre dû, voila le combat du CPR.
Voilà le combat de notre génération et c'est ce que certain d'entres-nous n'ont pas compris. Ils se sont trompés de combat en croyant que notre combat était d'aller partager le pouvoir avec un régime, sans rien changer dans la vie du peuple.
Nous nous battons pour poser les sillons de la modernisation de ce pays, nous nous battons pour la dignité de chacun de nos concitoyens, qui ont le droit d'avoir un emploi et un salaire pour nourrir leur famille et qui ont le droit d'avoir un logement pour mettre les leurs à l'abri.
C'est pourquoi nous regardons avec commisération ceux de notre génération qui, a plus de trente ans, continuent de se faire passer ou se font appeler "jeunes" alors qu'ils sont vieux. Ils ont choisi de soutenir les groupes de vieux prédateurs et vampires qui sucent le sang du peuple. À eux je dis ceci : camarades arrêtez de vous laisser distraire par des gens qui vous font croire que vous êtes jeunes pour vous maintenir en marge du pouvoir. À trente cinq ans passés on est plus jeunes. Camarades "jeunes" patriote ou "jeunes" de parti politiques; je ne suis pas jeune, Blé n'est pas jeune, le porte-voix actuel de la rébellion n'est pas jeune, KKB n'est pas jeune, Karamoko n'est pas jeune, encore moins Djué qui est plus âgé que nous autres qui sommes des pères de familles. Si vous avez décidé de suivre les gens, en délaissant le combat de votre génération, faîtes le, mais arrêtez de dire que vous êtes jeunes à 40 ans : c'est choquant et pas du tout responsable. Venez vous joindre à nous ou organisez-vous en adultes responsables pour mener le combat de votre génération. Ne vous trompez pas de combat en allant manger à la soupe des prédateurs.
Sachez que chaque génération a son combat et sa mission. Nous avons choisi de mener la notre sans trahir y compris dans la douleur des privations, c'est notre conviction, nous la partageons sans haine ni arrogance: c'est le peuple qui aura le verdict historique, c'est lui et lui seul qui dira qui l'a trahi ou qui l'a soutenu.
C'est en cela que nous invitons tous ceux qui croient en ce combat d'équité et de justice à rejoindre le CPR, car nous portons en nous l'espérance du changement positif et nous ne le trahirons jamais, c'est un engagement profond.


"Le temps": Bédié et ADO peuvent-ils s'entendre?

-Doumbia Major :
Ça c'est à Bédié et à ADO de voir s'ils peuvent s'entendre ou pas. Ils sont tous deux libéraux et ils viennent du même parti. À ce qui semble c'est seules des questions de pouvoir qui les opposent et non une divergence idéologique. L'un a traité l'autre d'étranger en créant l'ivoirité l'autre à réagit en se mettant sous la protection d'un groupe qu'il a crée.
Ce qui m'intéresse, ce n'est pas les problèmes de personnes c'est la situation du peuple, car les conflits entre Ouattara et Bédié, ce n'est pas cela qui garanti la vie de nos descendants ou qui crée des emplois; ce n'est encore moins pas cela qui sortira la Côte d'ivoire du sous-développement.

"Le temps": d'aucuns disent que leur union est un camouflet?

-Doumbia Major :
Chacun est libre de penser ce qu'il veut. Ce qui est important pour moi c'est de voir comment chaque famille ivoirienne fera pour avoir 3 repas par jour, comment chacun va scolariser ses enfants, la question du logement, les questions d'emploi et de santé pour mes compatriotes. Voilà pour moi les questions essentielles de la côte d'ivoire.

"Le temps": Comment expliquez-vous que tout le monde était ligué contre Laurent Gbagbo seul. Mais On n'a pas pu le renverser?


-Doumbia Major :
Ça, il faut le demander à ceux qui sont ligués, peut être qu'ils n'ont pas encore terminé leurs discussions internes. Peut-être que la discussion continue pour savoir qui va remplacer Gbagbo.
Quand des personnes qui se disent hommes politiques se réunissent et qu'ils sont incapables de discuter de programme ou de projet de société commun et qu'ils discutent plutôt de partage de postes et de ministères, ça fait pitié pour un pays comme le nôtre.
Comment voulez-vous que des prédateurs puissent s'entendre sur le bonheur de ceux qu'ils considèrent comme leurs proies.
Au lieu de penser à faire des propositions pour faire avancer le pays les gens sont aveuglés par des postes et des titres. Le temps de se mettre d'accord sur la façon dont ils vont dépouiller les ressources, Gbagbo entre-temps est inamovible, il est "callé", comme on le dit au pays. Le problème n'est pas une question de personne, ou de remplacement d'un individu par un autre, la question c'est de savoir qu'est-ce qu'on propose pour le peuple. S'il doit y avoir une alternative, celle-ci doit être crédible, sinon ça ne sert à rien pour le peuple.

"Le temps":A quand votre retour en Côte d'Ivoire?

-Doumbia Major :
Mon retour c'est pour bientôt, le CPR m'a choisi comme son président, je dois entrer pour organiser le congrès de confirmation et faire une tournée d'investiture des structures qui sont en train d'être mises en place. Je serai bientôt aux côtés du peuple pour le soutenir dans son combat, pour partager ses joies et ses peines. C'est ensemble que nous trouverons des solutions au mal que vit notre pays.
Je suis actuellement en train de prendre, par l'entremise de mon parti, des dispositions avec les différents acteurs de la vie politiques, pour préparer ce retour.
Il n'y a jamais de système de sécurité à 100% infaillible, mais mon Parti et moi-même saisirons aussi les forces impartiales afin que nous puissions bénéficier des mêmes conditions de sécurité que tous les autres responsables politiques.
Nous saisirons toutes les autorités politiques, pour leur signifier notre volonté de rentrer au pays afin de participer au débat démocratique; pour parler des problèmes du peuple dans le cadre d'un parti légalement constitué et respectueux des lois de la République.

"Le temps":Avez-vous peur de venir?

-Doumbia Major :
Non, loin de là, j'ai une cause à défendre c'est pourquoi je ne veux donner le luxe et la joie à certaines personnes de me voir disparaître. Je sais que le combat que je mène est un combat dangereux, car ce que je demande c'est de mettre fin à des privilèges et avantages que tirent certaines personnes de l'exploitation du peuple.
Je sais que ces personnes sont dangereuses, car elles sont comparables à un chien qui a un os dans la gueule et qui n'est pas prêt à le lâcher ou le partager. Vouloir le lui arracher n'est pas une chose facile, il est prêt à bondir et à mordre toute personne qui songe à lui faire perdre ce qu'il croit être un acquis.
Dans la lutte, on n'a pas peur de mourir puisque c'est le sort final de chacun d'entre-nous. Que ce soit maintenant ou plus tard, la mort reste la chose la plus certaine. Mais dans un combat il faut voir l'importance stratégique des individus afin que leur disparition n'entraîne pas la fin de la lutte. Nous sommes actuellement en train de semer une graine, nous sommes en train de semer une idée dans l'esprit du peuple, quand cette idée va s'emparer des esprits et deviendra une force matériel qui va impulser le changement pour les générations à venir, je pourrai partir en paix avec la satisfaction d'avoir mené le combat que je devais mener.
Avant cela mourir serait un gâchis, car ce sera permettre à des prédateurs de continuer à piller un peuple abandonné face à son sort sans leaders véritables. Une grande partie de notre peuple n'est pas encore capable de faire des choix politiques rationnellement fondés; nous espérons atteindre ce stade. Pour le moment notre peuple est dans l'affectif et ce serait dommage que je fasse cadeaux de ma mort, avant d'avoir terminé mon travail de sensibilisation. Vous voyez que cela n'a rien à avoir avec le peur de la mort. Dans ce pays les uns et les autres me connaissent et savent que je n'ai peur de personne, c'est une question de préservation de mon intégrité physique dans le but de garantir la pérennité d'une lutte qui ne fait que commencer.
Avant de mourir je veux que notre message passe, afin que les générations à venir ne se laissent plus manipuler et que notre peuple retrouve sa dignité. C'est pour cela que je protège mon intégrité physique, car un combattant mort n'est plus un combattant, c'est une dépouille.

"Le temps":l'article 12 de la constitution dit qu'aucun ivoirien ne doit rester en exil?

-Doumbia Major :
Vous me faîtes rire. Je voudrais ouvrir une parenthèse pour vous dire que j'ai participé à l'écriture de cette constitution, puisque je faisais partie des membres des commissions qui l'on écrite. Il est vrai que nos positions sur beaucoup de points ont été réjetées par le front patriotique mis en place par Laurent Gbagbo, avec l'appui de la frange haineuse et ivoiritaire de ce qui restait du PDCI, après la fuite de Bédié. Ce front avait d'ailleurs repris les thèses ethnicistes de l'ivoirité, et ils ont réussi à pousser le Général Guéï à changer les textes qu'avait adopter la commission des sages qui avait été mis en place. Le tout n'est donc pas de parler d'une constitution qui elle même a été mis en place dans des conditions passionelles et non rationnelles.
Vous devez savoir qu'on ne souhaite pas l'exil pour soi; c'est une contrainte existentielle qui nous pousse à l'exil.
Puisque la loi dit que personne ne doit rester en exil, alors vous comprendrez que ce n'est pas à moi un citoyen ordinaire de faire appliquer cette loi, c'est aux autorités de veiller à ce que la loi soit appliquée. Elles doivent donc garantir les conditions de notre sécurité et de notre intégrité pour que nous rentrions au pays. Vous ne croyez tout de même pas que je vais rentrer au pays et que je vais aller m'asseoir tranquillement à Yopougon, pour que le lendemain les gens simulent un braquage pour me liquider physiquement?
Bien de personnes ont tout de même été tué dans ce pays sans qu'on ne sache jusqu'au jour d'aujourd'hui qui les a tué; je veux parler des gens comme le comédien H, le médecin Dakoury, le journaliste Kieffer et bien d'autres.
Je demande donc au garant de la constitution de veiller à faire respecter cette constitution aussi bien au niveau électoral qu'au niveau sécuritaire.
C'est l'application de cette constitution que nous demandons. Il revient de droit à l'état de Côte d'ivoire de créer les conditions de ma sécurité. Je rentre pour apporter ma contribution à la paix et aider à poser les bases de la modernisation de notre société.

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