English version Nous sommes le 31 Juillet 2010                     
 
       
 
 
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Discours

C . P . R
Congrès Panafricain pour le Renouveau Démocratique en Côte d'Ivoire

 

Discours du Président du Parti M. Doumbia Major à la rencontre débat des amis de l'afrique

En ce jour symbolique et à la veille de mon retour au pays, je voudrais saluer et remercier les organisateurs de cette réunion qui me permet de me prononcer sur la situation et la sombre actualité de mon pays.
Vous m'avez invité à vous éclairer sur le sens de mon combat et les raisons pour lesquelles je rentre au pays pour diriger le CPR mon parti dont j'ai la lourde responsabilité de conduire la destiné en tant que président.
En réponse à votre préoccupation, je voudrais dire à tous, que le motif principal de mon souhait de retour après 7 années d'exil, c'est de pouvoir participer au combat pour la paix, la justice sociale, la démocratie, le développement, l'émancipation et la souveraineté économique de mon pays.
Mais avant d'évoquer ce retour, je voudrais formuler quelques souhaits et vœux à tous nos compatriotes qui souffrent le martyr d'une misère qui leur est imposée.
À vous chers compatriotes: Que l'avenir pour lequel nous combattons soit celui de la réalisation de tous vos souhaits positifs pour notre pays, qu'il apporte à chacun d’entre vous et à vos proches le bonheur, la justice et la véritable paix.
À nos compatriotes qui sont au pays, je voudrais dire ceci: chers frères, chères sœurs, chers parents, je sais les souffrances que vivent la majorité d'entre vous. Mon souhait le plus ardent est de voir que ces souffrances s'atténuent et disparaissent de votre quotidien.
Sachez chers amis que les informations qui me parviennent chaque jour d'Abidjan et du pays profond m'alertent et me confortent chaque jour sur la gravité de la situation que vit mon peuple. Ces signaux négatifs me renforcent dans l'idée que mon combat et mon message pour la dignité et le respect du peuple est plus que jamais d'actualité et qu'il est impératif pour moi d'être à côté de ce peuple pour mener le combat.
C'est cette gravité de la situation du pays qui m'a d'ailleurs poussé à publier le mois passé un écrit disponible sur notre site internet. Dans cet écrit je lançais un vibrant appel à la mobilisation pour que les choses changent, car la situation est vraiment préoccupante.
Je suis informé et révolté par la misère indigne dans laquelle vivent nos chers compatriotes.
J'ai le cœur meurtri par la souffrance des populations qui sont devenus plus pauvres, alors que les autorités politiques sont devenues plus riches.
Je suis témoin de la misère de nos paysans qui souffrent parce que leurs efforts sont mal rétribués: Le café et le cacao et les autres produits agricoles sont mal payés; dans le même temps des fonds secrets et des stratégies de détournement sont mis en place pour piller l'argent du travail des paysans.
Vous remarquerez avec moi que les politiciens se servent et aujourd'hui ils desserrent tous leurs ceintures parce qu'ils grossissent alors que les citoyens eux se voient obligés de serrer la ceinture parce qu'ils sont torturés par la faim.
Nos pauvres paysans cotisent chaque jour par leur travail, mais ils n'ont droit ni à la retraite ni droit aux soins et aux médicaments quand ils sont malades.
Les cultivateurs de coton et de tabac sont exploités. Ils sacrifient leur vie pour la nation en vendant le fruit de leur travail à de vils prix, en retour ils bénéficient de l'ingratitude de la nation dont les dirigeants s'enrichissent sur le fruit de leur sueur et de leur sang.
Les cultivateurs d'anacardes, les cultivateurs de bananes, vivent dans une misère révoltante. Voilà la situation de nos pauvres paysans de Côte d’Ivoire. Vous comprendrez que je ne pouvais pas rester sans réagir face à cette situation de misère révoltante contre laquelle mon parti le CPR s'insurge!
Notre jeunesse se trouve actuellement sans repère et sans emplois. Son avenir est confisqué par des prédateurs et des vautours politiques qui la contraignent à la mendicité. Le chômage est endémique mais l'état paradoxalement ne se sent pas obligé de créer des emplois.
Comment peut-on prétendre fonder ou refonder une société si la jeunesse qui est la première pierre de fondation du pays est livrée à elle-même?
Les jeunes de mon pays sont devenus des mendiants et exclus de l'héritage collectif alors qu’ils sont propriétaires d'un pays riche. Ils sont affamés parce que leur pays est braqué par des politiciens. Ils sont propriétaires d'un pays riche en pétrole, mais ils ne sentent pas l'odeur de ce trésor. Ils sont légalement propriétaires de l’or de leur nation mais ils n'en voient pas la couleur; ils sont propriétaires de mines de diamants mais des politiciens les pillent sans rien leur donner.
Ils sont propriétaires de richesses immenses mais ils vivent dans la misère.
Nous voyons la souffrance de la jeunesse de Côte d ivoire; nous voyons les hommes politiques qui exploitent les jeunes. Au lieu de redistribuer une partie des richesses du pays à cette jeunesse sous formes de création d'emplois et services sociaux, cette jeunesse est livrée à elle-même. Ils les laissent devenir des mendiants qu'ils peuvent manipuler au gré de leurs intérêts. Ils les contraignent à aller tendre la main devant leurs palais et leurs hôtels comme des affamés. Ils les poussent à mendier ce qui est supposé être à eux. Cela est révoltant et indigne.
Alors que les jeunes qui ne travaillent pas indépendamment de leur volonté devraient avoir droit à un revenu minimum de survie, équivalant à au moins 1/3 du SMIC, les prédateurs politiques égocentriques leur refusent ce "revenu minimum de survie" en ne leur laissant qu'une vie de quémandeurs à qui ils jettent de temps en temps des miettes.
Ils les ont tellement affamés qu'ils peuvent les mettre dans la rue en leur miroitant de fausses promesses.
Ils font croire aux jeunes tenus en otage avec l'arme de la faim, qu'ils changeront leur vie alors que depuis qu'ils gèrent le pays, la vie de la jeunesse ne fait que s'empirer. Souvent ils jouent les généreux en leur distribuant des sommes insignifiantes, retirées du pactole constitué par le fruit du vol des deniers publics.
Nos "amis" dirigeants politiques gonflent leurs propres salaires qu'ils multiplient par 50 ou par 100 fois le SMIC, alors que le peuple n'a rien pour manger et se soigner.
Au-delà de la situation de la jeunesse en général, celle particulière des étudiants est révoltante. Les étudiants dorment à 5 ou 6 dans les chambres prévues pour 1 personne.
Des groupuscules de voyous sous-louent des chambres et font régner leurs lois dans les cités universitaires, parce qu'ils se sentent assurés du soutien et de la protection du pouvoir politique.
Nos compatriotes qui font les études galèrent sans soutien ni bourses d'études alors que les bourses sont données aux enfants et amis des dirigeants.
Cette situation du peuple est inacceptable, c'est pour la changer que je me suis engagé sur la voie du changement positif avec le CPR.
Ceux pour qui nous comptons apporter ce changement, ce sont nos enfants et petits frères qui sont livrés à eux-mêmes dans les gares routières; l'état les a oubliés. Quand ils se révoltent ils sont matés dans le sang. Cela doit s'arrêter!
On ne peut pas rester indifférent à la misère de nos frères et sœurs ! Et pourtant nos politiciens ne se soucient pas du sort du peuple. Leur solidarité primitive ne dépasse pas le cadre de leur cercle familial et amical.
Pour mieux piller les populations, ces politiciens tribaux les poussent à la haine mutuelle et à s'affronter les uns contre les autres. Ils poussent les citoyens à s'entredéchirer pour mieux les prendre en otage. Leur stratégie est connue: celle-ci leur permet de se donner du temps pour piller en toute tranquillité. Ils hiérarchisent artificiellement les tribus et les ethnies. Pendant que le pauvre peuple s'entredéchire, ces politiciens avides pillent le pays qu'ils ont livré en pâture. Ils parlent de refondation alors qu'ils ont brisé les fondements de la nation que sont l'unité, la fraternité, la justice et le partage. Un pays sans fondation ne peut pas être refondé !
Ils ont fait sombrer le pays dans une crise éthique grave. La tricherie, piraterie et la corruption sont tolérées parce que l'état lui-même est un état pirate et corrompu; beaucoup de dirigeants sont eux-mêmes des tricheurs.
Aujourd'hui, le panier de la ménagère est vide; le coût de la vie est de plus en plus élevé, les citoyens ordinaires ne peuvent plus consommer, pendant ce temps les dirigeants trinquent le champagne et les entreprises font de plus en plus de bénéfices.
Mon souhait, en m'engageant sur le terrain de l'action politique, c'est de faire en sorte que tout cela change et que nous ayons la vraie paix.
Nous voulons donner la vraie paix au peuple, car notre peuple est aujourd'hui victime de la violence chronique de ceux qui pillent nos ressources collectives et maintiennent nos concitoyens dans la faim, le chômage, l'injustice et l'absence de sécurité sociale. Cette violence chronique et cette misère est une guerre dont est victime notre peuple, du fait d'une minorité de pseudo-intellectuels prédateurs.
Il faut savoir et retenir que la paix dont nous parlons ne se limite pas à l'absence de guerre. Nous voulons une vraie paix.
Parce que, lorsque le peuple subit la violence de la misère, il a le droit de se révolter. Lorsque le peuple subit la violence de la haine tribale il a le droit de se battre pour affirmer son humanité et la fraternité. La vraie guerre que subissent nos concitoyens c'est celle que lui livre cette classe politique de prédation, ces kleptocrates qui pillent nos ressources et imposent la pauvreté et l'absence de développement au peuple.
C'est contre cette guerre que je m'engage en rentrant en Côte d'ivoire, pour apporter ma contribution pour le changement et la vraie paix.
Il nous faut faire la paix en Côte d'ivoire, il nous faut faire la vraie paix qui consistera avant tout, en la définition de nouvelles règles de partage des ressources du pays à tous les citoyens.
Je rentre en Côte d'ivoire pour rechercher la paix véritable, avec tous ceux qui sont épris de justice. Dans ce pays déchiré par la haine instrumentalisée, cette paix passera aussi par l'adoption et la publication d'une loi de fondation de l'état de Côte d'Ivoire, qui condamnera et poser la xénophobie, le tribalisme et la ségrégation ethnique comme un délit. Nous ferons campagne pour l'adoption d'une telle loi, car si une telle loi n'est pas adoptée, c’est que l'on n'aura pas tiré les leçons de la guerre.
On ne peut pas sortir d'une guerre comme celle que le pays a connu, sans une loi qui affirme clairement que la discrimination, la xénophobie et les propos à caractère ethniques ou tribaux, ou faisant allusion à la supériorité d'une ethnie, sont désormais passibles de condamnation judiciaire.
Je rentrerai au pays pour apporter une aide au processus de paix dont les acteurs actuels doivent comprendre que le destin des ivoiriens est entre leurs mains. Ils n'ont qu'un seul choix : celui de la réussite, celui de la paix. Pour cela ils doivent parvenir à organiser avec le concours de tous, dans un climat apaisé, des élections justes transparentes et sans exclusion. Pour être crédibles, ces élections doivent être placées sous le contrôle effectif d'instances neutres que sont les Nations Unis et des observateurs objectifs.
Les acteurs politiques doivent savoir que l'histoire les regarde; le peuple les regarde.
On peut tromper le peuple une fois mais on ne peut pas tromper le peuple tout le temps. Ils ont trompé le peuple par le passé mais aujourd'hui le peuple a les yeux ouverts.
Le jugement du peuple sera implacable s’ils empruntent un chemin différent du bon chemin.
Il faut que nous soyons là pour leur indiquer ce bon chemin.
Je rentre donc au pays pour dire aux uns et autres que la paix ne se fera pas sans les fils du pays qui sont contraints à l'exil. Je rentrerai pour leur dire ceci: si tant est-il que c'est la paix et l'unité que nous cherchons tous, alors ça ne sert à rien de traquer ceux qui sont en exil ou de chercher à les tuer. Car en vérité, nul aujourd'hui en Côte d'ivoire n'a la légitimité populaire pour poursuivre un des fils du pays.
Je rentre pour demander aux uns et aux autres d'approcher tous les fils du pays pour construire la paix. Je rentre pour dire "ça suffit, car trop de sang a coulé".
Chers amis, voilà le sens de mon engagement, voilà le sens de mon retour; je reste à l'écoute pour les questions des uns et des autres, tout en disant à nos compatriotes, nos militants et nos sympathisants, "à très bientôt".

CPR! ensemble pour le changement positif

Le CPR est un parti politique ivoirien. Il se bat pour défendre les intérêts en cours de spoliation du peuple de Côte d’Ivoire. Son combat démocratique est structuré autour des axes suivants: 1—Redistribution équitable des ressources 2– Unité nationale 3– Justice et paix véritable en Côte d’Ivoire. Son siège est situé dans le quartier populaire de Yopougou. Contacts siège : Tel: 00(225) 23521632 Site Internet: www.cprci.org
Contact Porte-parole: 00447943609476 / Contact : secrétaire national chargé de la mobilisation : 0022507747249. Contact secrétaire national chargé des Nouvelle technologies et du désenclavement des régions: 0022501030306

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