La
République ivoire «
des idiots et des faux débats
».
Le mot clé dans le
jargon de notre république
martyrisée, ce mois
de mars 2008, c’est
le terme idiot. Tout est faux
et idiot dans le débat
politique en Côte d’Ivoire.
Le premier ministre l’a
dit et le Chef de l’Etat
l’a confirmé.
La classe politique ivoirienne
engage et mène de faux
débats sur le processus
de sortie de crise et sur
l’avenir du pays, mien.
Pourtant, un débat
sur « le désarmement
avant les élections
ou les élections avant
le désarment »
ne peut être faux et
idiot. Car il engage la vie
de tous les ivoiriens et non
de ceux qui profitent, sans
scrupule, de cette situation
politique ambiguë. Qui
se déplacent dans des
chars et des 4X4 luxueux et
blindés. Le chef du
gouvernement trouve que «
(Les ivoiriens) aiment les
faux débats. »
En ajoutant que « La
question du désarmement
avant les élections
ou les élections avant
le désarmement est
suffisamment idiote ».
A cette analyse du premier
ministre, s’ajoute celle
du chef de l’Etat sur
la radio onusienne en Côte
d’Ivoire. Sans nommer
son premier ministre, il reconnaît
lui aussi que le désarmement
avant les élections
ou les élections avant
le désarmement «
c’est un faux débat
et que quelqu’un avait
dit que ce débat était
idiot, il n’avait pas
tord.» L’emploi
du mot « idiot »
et de l’expression «
faux débat »
par les deux complices de
l’exécutif ivoirien
est la confirmation que tout
est idiot et faux dans le
débat politique dans
notre pays. Alors, j’ai
voulu en savoir plus sur le
sens des mots idiot, faux
et débats. Et comment
une classe politique qui,
apparemment, semble être
sérieuse peut-elle
engager de faux et idiots
débats sur l’avenir
de tout un peuple?
Selon des ouvrages des lexiques
parcourus, le terme idiot
qui est un adjectif ou un
nom commun signifie dépourvu
d’intelligence, irréfléchi,
atteint d’idiotie. Idiotie
qui signifie arriération
mentale, action ou parole
d’un idiot. Puis, j’ai
compris que l’adjectif
« faux » veut
dire ce qui n’est pas
vrai, qui n’est pas
juste, qui ment. Hypocrite,
trompeur, imité. Faux,
qualifiant ici « débat
» qui signifie discussion,
contestation. Or les discussions
ou les contestations (surtout
en démocratie) sont
le fait des assemblées
politiques où les discussions
sont permises et autorisées
pour aboutir à une
bonne et constructive réflexion
pour le bonheur du peuple.
Malheureusement, depuis l’avènement
de la refondation au pouvoir
avec une rébellion
à ses pieds, tous les
débats sont faux et
idiots. Parce qu’ils
ne mènent, effectivement,
à rien si ce n’est
de faire tourner en rond les
Ivoiriens qui ont hâte
de sortir de cette mauvaise
impasse dans laquelle ils
croupissent depuis bientôt
dix ans. Comment dans un processus
de sortie de crise qui repose
sur le désarmement
des ex belligérants
et l’organisation des
élections, les principaux
acteurs peuvent-il considérer
qu’un débat sur
« le désarment
avant les élections
ou les élections avant
le désarmement est
faux et idiot »? Alors
qu’à ce stade
de la sortie de crise, c’est
une question de fond, un problème
de choix ou d’option.
Les Ivoiriens veulent savoir
exactement où les mènent
Gbagbo Laurent et Soro Guillaume
dans ce processus de sortie
de crise. Pour ne pas donner
une réponse claire
et nette aux préoccupations
de nombreux ivoiriens qui
ne comprennent pas qu’après
la nomination de Guillaume
Soro à la tête
du gouvernement de sortie
de crise [dans l’esprit
du partage de pouvoir réclamé
par le patron politique de
l’ex rébellion
( ?)] et les différentes
parades, exhibitions pompeuses
de Bouaké, de Gagnoa
et la visite présidentielle
dans le Nord ; le désarmement
n’ait pas encore eu
lieu. Et que les uns et les
autres se plaisent dans leur
nouvelle condition d’hommes
de pouvoir. Où tout
est faux, idiot et hybride
dans ce processus de sortie
de crise. Tous les partis
politiques sont belligérants
dans la crise ivoirienne.
Ils siègent tous dans
ce gouvernement. L’on
ne sait plus qui est au pouvoir
et qui est dans l’opposition.
Tout est confus et dans la
confusion. Donc, les débats
sur l’avenir de notre
pays qui nous préoccupe
tant ( !) peuvent être
faux, idiots, hypocrites et
malhonnêtes. Il n’y
aura personne pour dire non,
non et non ! Le débat
sur « le désarmement
avant les élections
ou les élections avant
le désarmement »
ne peut être ni idiot
ni faux. Si tel est que Gbagbo
Laurent (dont le régime
a été victime
d’une attaque barbare)
et la rébellion arpentent,
désormais, les couloirs
de la république martyrisée
sous les acclamations des
résistants. Qu’on
ne prenne pas les Ivoiriens
pour des idiots en abusant
de leur tolérance et
de l’incapacité
de l’opposition politique
à donner une impulsion
aux débats politiques.
Ce débat qui engage
notre avenir commun ne peut
être dépourvu
d’intelligence, irréfléchi
et atteint d’idiotie.
Il est essentiel à
notre survie commune et à
la sécurité
des uns et des autres. Même
à la survie de ceux
qui rusent avec le problème
du désarmement et des
élections. Djédjé
Mady, n°2 du Pdci rda,
peut échapper à
un attentat pendant un meeting
à Napié (département
de Korhogo) ; c’est
un faux débat dira-t-on
! Parce que « le désarmement
avant les élections
ou les élections avant
le désarmement est
un faux et idiot débat
». Comme les mots sont
l’expression de l’état
d’esprit de ceux qui
les prononcent ; tenons-nous,
donc, à ça.
Pour que l’exécutif
ivoirien du processus de sortie
de crise lance comme ça
à la face des Ivoiriens
que notre république
martyrisée est une
république d’idiots
et de faux débats.
Ces bouts de phrase, ce mois-ci,
nous amènent à
reconnaître que la Côte
d’Ivoire n’est
pas encore sortie de la gadoue
politique faite de ruse et
de roublardise. Avec la complicité
d’une opposition politique
passive et d’opposants
politiques complices et coupables
de la misère des Ivoiriens.
Maintenant, je comprends pourquoi
tout est banal et banalisé
en Eburnie. Parce que tout
est faux et atteint d’idiotie,
c’est pourquoi si «
Les élections n’ont
pas lieu en juin (2008) ;
ce n’est pas la mort.»
au pays des arriérations
mentales et des idioties politiques.
Aucune reforme sérieuse
ne peut-être entreprise
ni engagée pour la
modernisation de la vie politique
nationale et pour la stabilité
de nos institutions ; la crise
ayant provoqué le désordre,
l’insécurité,
l’irréflexion,
l’injustice sociale,
l’arrogance des dirigeants,
l’enrichissement illicite,
l’inflation immaîtrisable,
la pauvreté et la misère
galopante. Alors, tout est
faux et idiot ; en provoquant
l’arriération
mentale des politiciens. La
classe politique aime ça
et y trouve son compte au
détriment d’un
peuple éprouvé
et désabusé
du faux et d’une fausse
classe politique. Et comme
on ne guérit pas de
l’idiotie aussi facilement
; les élections peuvent
attendre des années
sans que personne ne s’en
émeuve ! Et la Côte
d’Ivoire en restera
là ; toujours dans
les faux et idiots débats.
Que Dieu vienne maintenant
sauver les innocents et les
ignorants des idioties de
leur classe politique. Avant
qu’il ne soit trop tard!
Vivement !
Ange DAGARET DASSAUD
angedagaret@yahoo.fr