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Crise
ivoirienne: l`ONU appelle les autorités
à amender la loi d`amnistie
ABIDJAN
- La Haut-Commissaire adjointe des Nations
Unies aux droits de l`Homme, Kyung-wha Kang,
a appelé mardi les autorités ivoiriennes à
amender la loi d`amnistie promulguée après
l`accord de paix de mars 2007 pour la mettre
en conformité avec les "normes internationales".
L`accord de Ouagadougou, signé entre le président
Laurent Gbagbo et l`ex-rébellion des Forces
nouvelles (FN), précise clairement que "les
crimes contre l`humanité, les crimes de guerre
et les autres violations des droits de l`Homme
doivent être exclus de l`amnistie prévue",
a rappelé Mme Kang en visite depuis dimanche
à Abidjan. "Mais l`ordonnance d`amnistie promulguée
le mois suivant est moins claire sur ce point",
a souligné la diplomate coréenne lors d`une
conférence de presse. "Selon la manière dont
on la lit, cela pourrait indiquer l`inclusion
de certaines violations", a-t-elle ajouté
sans plus de précisions. "Nous avons porté
cette question à l`attention des autorités,
de sorte qu`elles puissent amender l`ordonnance
d`amnistie (...) en accord avec les normes
internationales des Nations Unies", a indiqué
Mme Kang. La Haut-commissaire adjointe, qui
effectuait sa deuxième visite en Afrique de
l`Ouest depuis sa nomination en 2006, a rencontré
le Premier ministre ivoirien et chef des FN
Guillaume Soro ainsi que plusieurs responsables,
mais pas le président Gbagbo, en déplacement
à l`intérieur du pays. Le 12 avril 2007, le
chef de l`Etat a promulgué par ordonnance
une loi d`amnistie couvrant "les infractions
contre la sûreté de l`Etat et la défense nationale
commises par les nationaux ivoiriens se trouvant
sur le territoire ou en exil entre le 17 septembre
2000 et la date de la signature de la présente
ordonnance". Tout en reconnaissant des progrès
dans le domaine des droits de l`Homme depuis
l`accord de Ouagadougou, Mme Kang a reconnu
qu`il y avait une attente en Côte d`Ivoire
pour juger les crimes de guerre commis lors
du conflit. Une visite de la Cour pénale internationale
(CPI) en Côte d`Ivoire a déjà été reportée
à deux reprises, a indiqué Mme Kang, encourageant
les autorités de ce pays "à accepter cette
visite et à collaborer avec la CPI". Interrogée
sur les récentes critiques d`une ONG à l`encontre
du principal syndicat étudiant ivoirien (Fesci),
accusé d`avoir commis de nombreux actes de
violence pendant la crise, la Haut-commissaire
a reconnu que cette question était "une partie
du problème plus large de l`impunité, à laquelle
sont confrontés les acteurs ivoiriens".
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